Langue originale : espagnol (segment radio à Tribu al Extremo, 106.1 FM).
Par Juan Zurita Victoria, MBA
Oax Sport. Soutien aux athlètes et programmes.
Article aussi disponible en anglais et en espagnol.
Cette série du blogue
Jueves de Oax Sport est notre espace hebdomadaire à Tribu al Extremo (106.1 FM). Nous utilisons ce segment pour parler du sport à Oaxaca à travers les athlètes, les entraîneurs, les équipes et les personnes qui aident le sport local à grandir.
Épisodes précédents : épisode de lancement, Jazmín Cruz, Emily Barrera, Shunca Biani et Yedany González.
Détails de l’épisode
- Animation et texte : Juan Zurita Victoria, MBA
- Coach invité : Jorge Luis Velasco Martínez
- Équipe ou club : Titanes Sport Clinic
- Réseaux sociaux de l’invité : Facebook et Instagram
- Émission : Tribu al Extremo (106.1 FM)
- Segment : Jueves de Oax Sport
- Date de diffusion : jeudi 19 mars 2026
- Thème : cyclisme, triathlon, duathlon, entraînement, discipline, accompagnement des athlètes et sport d’endurance
- Écouter en direct : tous les jeudis, de 19 h à 20 h, heure de Oaxaca, sur Tribu al Extremo sur Facebook.
Thème de la semaine
Thème : entraîner des athlètes d’endurance à Oaxaca.
- Jorge a parlé de ses débuts en cyclisme, de ses études en sciences du sport et de son travail avec des athlètes en cyclisme, triathlon et duathlon.
- Il a expliqué pourquoi un entraîneur doit être proche de ses athlètes et comprendre plus que la charge d’entraînement.
- Il a parlé de la peur, de la pression, de la confiance et du côté mental de la compétition.
- Il a expliqué pourquoi il valorise davantage la discipline que le talent quand un athlète veut atteindre un niveau plus élevé.
- Cet épisode ne couvrait pas un cas précis de soutien d’Oax Sport.
Résumé en 30 secondes
- Jorge Luis Velasco Martínez est diplômé en sciences du sport et étudie une maîtrise en sciences du sport et haute performance.
- Il entraîne des athlètes en cyclisme, triathlon, duathlon et autres sports d’endurance.
- Il a commencé le cyclisme grâce à son oncle et à son cousin, après une période très sédentaire à l’école.
- Une expérience universitaire en athlétisme l’a aidé à décider de quitter la comptabilité pour étudier les sciences du sport.
- Sa façon d’entraîner repose sur l’empathie, la confiance, le bien-être mental et une préparation sérieuse.
- Il préfère un athlète discipliné à un athlète talentueux qui ne s’engage pas.
- Ses athlètes se préparent pour le vélo de montagne, le cyclisme sur route, le triathlon, le duathlon et des événements de qualification.
Entrevue en texte
1. Qui est Jorge Luis Velasco Martínez?
Q (Juan) : Aujourd’hui, nous recevons le coach Jorge, entraîneur de cyclisme et de duathlon. Pour que les gens te connaissent un peu mieux, Jorge, présente-toi. Dis-nous ton nom, ton âge, d’où tu viens et ce que tu entraînes.
R (Jorge) : Bonsoir. Merci pour l’invitation. Mon nom est Jorge Luis Velasco Martínez. Je suis diplômé en sciences du sport et j’étudie maintenant la maîtrise en sciences du sport et haute performance. Je me consacre à l’entraînement en cyclisme et en triathlon. Nous sommes donc un peu dans le sport d’endurance.
Q (Juan) : Pour ceux qui nous écoutent et nous regardent, parle-nous un peu plus de toi. Qui est Jorge Martínez au-delà de l’entraîneur?
R (Jorge) : J’ai commencé en cyclisme il y a environ 10 ans, 12 ans, ou même un peu plus. J’ai commencé en m’entraînant, en compétitionnant, et peu à peu j’ai commencé à prendre un peu d’amour pour le sport.
R (Jorge) : Dans ce processus d’entraînement et de développement sportif, j’ai commencé à connaître ces aspects de l’entraînement, comme la préparation physique, les adaptations techniques et tactiques. Ça m’a plu. Ensuite, j’ai commencé l’université, mais je n’ai pas commencé en sport. J’ai commencé en comptabilité. J’ai toujours été un peu proche du domaine sportif, et j’ai fait de l’athlétisme. C’est ce qui m’a peu à peu attiré vers le domaine de l’entraînement sportif.
2. Comment le cyclisme est entré dans sa vie
Q (Juan) : Parle-nous un peu plus de tes débuts, quand tu as commencé dans le sport.
R (Jorge) : En cyclisme, c’est grâce à un oncle. C’est un oncle qui m’a invité à ma première sortie, qui m’a invité à me rapprocher un peu plus du cyclisme. Avant, quand j’étais petit, je jouais déjà au basketball. Ensuite, j’ai arrêté quand je suis entré au secondaire et je ne faisais pas de sport. En réalité, j’étais très, très sédentaire. C’était l’école et c’est tout.
R (Jorge) : Puis, à l’école préparatoire, c’est là que mon oncle et mon cousin m’ont invité à faire du cyclisme. La vérité, c’est qu’à partir de là, j’ai commencé dans le sport.
3. De la comptabilité aux sciences du sport
Q (Juan) : Quel a été le moment où tu t’es dit : le cyclisme me plaît, la haute performance me plaît, je vais me concentrer là-dessus?
R (Jorge) : Ce n’était même pas en cyclisme. La vérité, c’était en athlétisme, quand j’ai eu l’occasion d’aller à l’Université régionale, je crois, et j’y suis allé avec toi et aussi avec notre entraîneur. C’était une expérience qui m’a beaucoup plu. Cette perspective de voir des entraîneurs professionnels, de voir le sport un peu plus proche du professionnel, comme au niveau universitaire, c’est ce qui m’a accroché. J’ai décidé de m’y mettre un peu plus sérieusement, de laisser ma carrière en comptabilité et d’entrer directement en sport.
Q (Juan) : Je me souviens que cette décision a été difficile. Tu ne savais pas comment dire à tes parents : je vais changer de programme. Tu avais déjà fait environ un an.
R (Jorge) : Oui. En fait, je suis entré tard à l’université parce qu’une grande partie du temps où je n’étudiais pas de façon conventionnelle, je l’utilisais pour m’entraîner, compétitionner, aller à des championnats nationaux et tout ça. Donc, quand je suis entré en comptabilité, j’avais beaucoup de doutes sur ce que je voulais étudier.
R (Jorge) : En fait, je suis entré en comptabilité pour l’argent, pour générer, pour gagner un peu plus, et parce qu’il y a toujours cette peur que les entraîneurs ne gagnent pas beaucoup ou que ce soit plus complexe de gagner de l’argent.
R (Jorge) : Je me rappelle parfaitement cette conversation avec le prof pendant tout le retour du voyage. Ça me plaît, ça me passionne, c’est quelque chose que je veux faire. J’arrive à l’école et je ne me sens pas à ma place. Alors je dois le prendre maintenant. Si je ne décide pas maintenant, je ne déciderai jamais. Ou je ne prendrai jamais la prochaine étape.
R (Jorge) : Heureusement, au début, ça a été complexe pour mes parents, mais ils savaient que j’allais bien. Ils savaient qu’au bout du compte, je répondais au soutien qu’ils me donnaient en comptabilité et que j’avais une bonne moyenne. Ils l’ont vu et ils m’ont appuyé.
R (Jorge) : Je crois qu’il y a eu une semaine où il y avait cette incertitude sur ce que j’allais faire. À la fin, ils m’ont parlé et m’ont dit : c’est la dernière occasion, on ne joue plus. Et j’y suis allé.
R (Jorge) : C’est une décision que j’ai prise avec peur, avec incertitude, mais la vérité, c’est que je ne le regrette pas. J’adore le sport, surtout soutenir et faire partie du processus.
4. Ce qu’il a appris en compétition
Q (Juan) : Dans ta carrière sportive, y a-t-il un résultat ou une compétition qui a été plus marquant pour toi?
R (Jorge) : Comme athlète, j’ai eu l’occasion de participer à des championnats nationaux. J’ai été vice-champion national en 2017, je crois, dans une catégorie intermédiaire. Ensuite, j’ai aussi eu quelques podiums nationaux.
R (Jorge) : Je n’ai jamais été premier. J’ai toujours été très clair que je n’étais pas celui qui se démarquait le plus, mais j’étais toujours présent. Je considère donc que c’était un résultat intéressant.
R (Jorge) : Je considère que je n’avais peut-être pas les aptitudes pour sortir du pays, mais je me débrouillais bien dans les compétitions. J’ai été vice-champion national, et c’est ce que je considère comme l’un des résultats les plus marquants.
Jorge travaille maintenant avec des athlètes du côté de l’entraînement. Il a voyagé à des événements nationaux, il a compétitionné et il a vu de près les limites des structures sportives locales.
5. Devenir entraîneur
Q (Juan) : À quel moment as-tu décidé de laisser la compétition et de te concentrer sur le rôle d’entraîneur?
R (Jorge) : Quand je suis entré à l’université, mes parents m’ont aussi parlé. La vérité, c’est que le cyclisme est un sport assez coûteux et payer une université l’est aussi. De ce point de vue, je comprenais complètement et j’ai décidé de laisser un peu de côté cette partie sportive, du côté de l’athlète.
R (Jorge) : Je n’avais pas le temps nécessaire pour compléter ce que je faisais en sport avec le baccalauréat, parce que j’avais aussi commencé l’athlétisme. Je me donnais l’occasion de connaître un autre sport. Je crois que c’est la deuxième année de mon baccalauréat en sport où je me suis dit : ça y est, je laisse un moment le sport comme athlète pour pouvoir appliquer ce que j’apprends.
Q (Juan) : Ensuite, il y a eu la pandémie, et je me souviens que tu étais là, devant le groupe. C’est là que tu as commencé à venir avec nous.
R (Jorge) : Oui. Le prof avec qui nous étions, le Profe Abel, m’a donné cette occasion. Ce sont les premiers petits pas qu’on fait comme entraîneur, quand on n’a pas encore autant conscience de quoi faire. Ce sont les parties initiales de ce processus.
6. Pourquoi la pratique compte pour les jeunes entraîneurs
Q (Juan) : Qu’est-ce que ça t’a donné de combiner la pratique avec tes études? Tu commençais déjà à voir un peu plus.
R (Jorge) : La vérité, c’est que je l’ai vu maintenant que j’enseigne dans le programme de formation en entraînement sportif à l’UABJO. C’est très important. Je disais aux jeunes qu’ils doivent se rapprocher du domaine sportif à partir du rôle d’entraîneur. Et perdre cette peur.
R (Jorge) : Parce qu’à la fin, être devant 10, 5 ou 20 athlètes et les parents, ça coûte au début, parce que tu ne fais pas encore confiance à tes connaissances, à tes capacités, et tu penses que tout le monde va douter de toi.
R (Jorge) : Peu à peu, tu te rends compte que si tu le fais avec engagement, que tu commences à étudier un peu plus et que tu le prends avec le sérieux correspondant, ça va aller. Ces rapprochements m’ont aidé à prendre un peu de confiance et un peu d’apprentissage.
Q (Juan) : D’une certaine façon, ce n’est pas la même chose quand tu sors de l’université et que tu commences comme entraîneur. Parfois, tu ne sais pas, et ça t’a beaucoup servi d’être déjà avec les athlètes.
R (Jorge) : Oui. Je le disais aux jeunes quand je commençais déjà à donner cours à l’université. Je leur disais : n’attendez pas de sortir de l’université pour que quelqu’un vous dise : je veux vous engager. Dans notre domaine, ce n’est pas comme ça.
R (Jorge) : Nous devons nous créer un certain curriculum avec les personnes, ou une certaine expérience. Les personnes commencent à nous connaître par notre travail, par la qualité de ce que nous faisons. Quand tu sors de l’université, tu n’as rien. Heureusement, j’ai commencé avant et ça m’a aidé à grandir un peu plus vite.
7. Ce que les sciences du sport lui ont appris
Q (Juan) : En parlant plus directement de ce que tu as étudié en sciences du sport, qu’est-ce qui est le plus précieux que tu as appris pendant ta formation et que tu appliques maintenant avec tes athlètes?
R (Jorge) : Je crois qu’il y a beaucoup de choses importantes : l’anatomie, la physiologie, la biomécanique. Mais quelque chose que j’ai appris, indépendamment des matières, c’est d’avoir l’humilité d’écouter les autres personnes et de ne pas croire que nous savons tout, parce que dans le sport, tous les corps changent et tous les corps sont très différents.
R (Jorge) : La façon dont une personne s’adapte n’est pas la façon dont l’athlète suivant s’adapte. Apprendre de chaque entraîneur, de chaque athlète, de leurs expériences, de leurs connaissances, ça t’aide à avoir un critère un peu plus large.
R (Jorge) : À l’université, j’ai appris beaucoup de bases théoriques, mais mes professeurs me donnaient les fondements de base pour que je puisse ensuite les appliquer et générer mon propre critère à partir de ça.
8. Sa philosophie comme entraîneur
Q (Juan) : Comment décrirais-tu ta philosophie d’entraînement?
R (Jorge) : La vérité, c’est que j’essaie d’être très empathique et très proche de mes athlètes. J’ai appris que ce n’est pas seulement la charge sportive, ce n’est pas seulement le fait de doser un entraînement, mais aussi de faire partie du processus.
R (Jorge) : J’ai eu des athlètes qui arrivent et me disent : coach, je me sens mal, j’ai besoin de parler de ça. Et j’essaie toujours de les soutenir. Je crois qu’à un moment donné, ça m’a aussi manqué avec l’entraîneur que j’avais en cyclisme, et j’essaie de ne pas le reproduire.
R (Jorge) : À la fin, je crois qu’un athlète dans un bon état mental peut mieux performer. J’essaie toujours de me rapprocher de tous les jeunes que j’ai, de parler avec eux, de leur donner des conseils.
R (Jorge) : Et aussi, si je vois qu’il y a un besoin de soutien psychologique, je les oriente vers le domaine approprié. Malheureusement, il n’y a peut-être pas autant de psychologues du sport à Oaxaca, mais avec ce qui se rapproche, il faut leur donner cette orientation.
Q (Juan) : En athlétisme, c’est normalement un sport individuel où chacun est un peu de son côté, mais là, on voyait beaucoup le groupe. Ce n’était pas seulement s’entraîner. Il y avait les pauses, les matchs entre amis. Les athlètes se détendaient, ça enlevait du stress.
R (Jorge) : Oui. Je crois que c’est aussi quelque chose que j’ai mis en place ou que j’ai cherché à mettre en place avec les jeunes, qu’ils créent des liens entre eux. Qu’ils ne le voient pas seulement comme un entraînement, mais aussi comme une partie d’une amitié.
R (Jorge) : Parce que quand nous étions en athlétisme, c’était une équipe d’amis. On s’entendait tous, on se réunissait pour manger, on se réunissait pour jouer. À la fin, ça fait partie du développement.
R (Jorge) : Tous ces jeunes, à un moment donné, vont grandir, vont chercher leur travail, vont se développer dans d’autres domaines professionnels. Mais les amitiés qu’ils font dans le sport, je considère qu’elles sont très importantes.
R (Jorge) : La majorité de mes amis proches viennent du sport, et peu ne viennent pas du sport. Je considère que cette partie de relation saine est importante, de s’impliquer dans la vie des athlètes pour que le travail avec eux soit aussi plus proche et plus précis.
9. Le côté mental de la compétition
Q (Juan) : En cyclisme, duathlon et triathlon, à quel point crois-tu que le côté psychologique influence la performance par rapport au côté physique?
R (Jorge) : C’est assez intéressant et ça dépend plus, même pas tellement du sport, mais de l’expérience que les athlètes ont déjà. Normalement, ce que je cherche toujours, c’est que les jeunes commencent à compétitionner et se rapprochent des compétitions, même si leur niveau n’est pas encore prêt pour gagner.
R (Jorge) : Pourquoi? Parce qu’à la fin, ils doivent voir comment ils réagissent à ce type de stimulus. Dans les compétitions, j’ai vu des jeunes pleurer, avoir la diarrhée, quelque chose qui m’arrivait à moi aussi. Beaucoup de choses comme ça : parfois ils ne veulent pas parler, parfois ils sont fâchés. C’est donc très différent chez chacun.
R (Jorge) : Normalement, ça commence deux jours avant. Il y en a qui, une semaine avant, disent : j’ai mal à la jambe, j’ai mal ici, j’ai mal là. Et c’est normal. La peur nous aide à être alertes, la peur nous aide à être conscients de ce que nous faisons. Et c’est normal d’avoir peur, mais ce n’est pas normal qu’elle nous manipule ou qu’elle nous condamne à ne pas bien faire quelque chose.
R (Jorge) : Avec chaque jeune, j’ai dû me rapprocher et lui demander de quoi il a peur, quels sont ses doutes, quels sont ses nerfs, et essayer de lui donner certains outils. Parce que chaque personne est différente.
R (Jorge) : J’ai compris à un moment donné, quand nous sommes allés à une compétition et qu’on disait : on va faire un moment de méditation, de relaxation, et j’ai vu que certains riaient, certains s’endormaient. J’ai alors compris que tous les outils ne sont pas pour tout le monde et que tout ce qu’on voit sur Internet ne va pas servir. Chaque personne a ses propres caractéristiques et nous devons adapter ces outils à chacun.
10. Excès de confiance et approche mentale avant la compétition
Q (Juan) : Dans tes compétitions ou dans ce que tu as vu, quelles erreurs observes-tu souvent chez les jeunes qui vont sans accompagnement?
R (Jorge) : Une des erreurs, bon, je ne sais pas si je dois l’appeler erreur, que j’ai observée dernièrement et que j’ai pu détecter, même pas hors de mon équipe, mais dans mon équipe, c’est l’excès de confiance.
R (Jorge) : Parfois, l’excès de confiance joue à l’inverse. Le jeune pense qu’il va très bien, et n’importe quelle petite chose qui arrive ou qui ne se passe pas comme il l’avait prévu à ce moment, le monde s’écroule, la compétition est finie.
R (Jorge) : Cet excès de confiance pèse parfois plus que le doute, parce que quand tu doutes, parfois la course commence bien et tes premières étapes, tes premières minutes vont bien. Alors l’athlète commence à prendre plus de confiance.
R (Jorge) : Quand l’athlète a beaucoup de confiance et que la course ne commence pas aussi bien qu’il le pensait, là l’athlète s’écroule et ce ne sera plus une bonne course.
R (Jorge) : Il y a aussi le fait de ne pas être concentré, et pas seulement d’arriver et de passer toute la journée à penser à la compétition, toute la journée dans la chambre. Moi, la vérité, je ne suis pas très fan de ça parce que les jeunes sont seulement stressés. Toute la journée, tu les gardes stressés.
R (Jorge) : Moi, j’essaie qu’ils sortent, qu’ils marchent, qu’ils voient d’autres choses, puis oui, on revient, on parle et on voit comment est la compétition, mais déjà un peu plus calmement. Il y a beaucoup de jeunes que je vois passer toute la journée dans la chambre à attendre que la compétition arrive. La vérité, c’est qu’ils se brûlent tout seuls, ils s’épuisent mentalement pour la compétition et ils ne performent plus comme ils devraient.
11. La croissance de l’équipe
Q (Juan) : Tu as maintenant un groupe plus consolidé, plus formé. Parle-nous de la croissance de ton équipe.
R (Jorge) : Ça a été complexe, avec des hauts et des bas. La vérité, c’est que l’entraînement sportif, c’est se battre, apprendre un peu. Heureusement, la majorité des jeunes qui sont maintenant dans l’équipe sont des jeunes qui ont déjà beaucoup de temps avec moi, et eux comme leurs parents ont confiance dans le processus que nous menons.
R (Jorge) : Ils ont confiance dans ce que nous faisons parce que j’ai toujours essayé de démontrer le professionnalisme. J’ai toujours essayé de chercher à apprendre un peu plus, d’être dans des formations, dans différentes choses qui cherchent à ce que l’athlète se développe de meilleure façon.
R (Jorge) : Heureusement, je crois que ça nous a amenés à avoir une équipe plus ou moins grande, pas seulement en cyclisme. Nous avons déjà migré vers d’autres disciplines, et ça s’est fait grâce au travail et à l’effort, pas seulement comme entraîneurs, mais aussi des élèves et des parents.
R (Jorge) : Croyez-moi, les parents ont aussi été un pilier important de ce développement. Parce que si les parents voient ton travail et voient ce que tu fais, ils t’appuient. Ils te disent : coach, on va faire ça, on va faire des chandails, on va acheter des tentes, on va avoir des chaises pour l’équipe. Et ça, au lieu de soustraire, ça ajoute.
12. Talent ou discipline
Q (Juan) : Quelle différence vois-tu entre les athlètes qui naissent avec ce talent et ceux qui commencent avec discipline?
R (Jorge) : C’est une question complexe. Je considère que je préfère un athlète avec discipline plutôt qu’avec talent, mille fois. Parce qu’un athlète avec talent peut souvent devenir arrogant. Pas nécessairement, mais il peut devenir arrogant parce que les choses lui viennent facilement.
R (Jorge) : Il ne fait pas autant d’efforts que les personnes qui commencent avec peu de qualités pour ce sport, et parfois ça peut devenir contre-productif. Ils disent : c’était facile, j’ai gagné facilement, et ils ne font pas un peu plus d’efforts.
R (Jorge) : Il y a aussi des athlètes qui font beaucoup avec du talent. Un exemple, c’est mon ami Andrés, qui était justement talentueux et avait aussi de la discipline. Il est arrivé à faire de bonnes compétitions nationales. Il aurait peut-être pu être ailleurs, mais par les hasards de la vie, il a changé de direction ou d’activités.
R (Jorge) : Maintenant, il y a aussi des jeunes qui s’entraînent, et je dis : ils ont du talent, ils ont beaucoup, mais il manque ce contact avec la discipline, ce point où ils doivent faire plus d’efforts pour ce qu’ils font. Le sport leur vient tellement facilement qu’ils le voient comme quelque chose de simple, et ils n’arrivent pas à se passionner ou à s’accrocher à cette discipline nécessaire pour passer à la prochaine étape vers la haute performance ou les médailles.
13. Ce que le sport signifie pour Jorge
Q (Juan) : Après tout ce chemin que tu as parcouru, qu’est-ce que le sport signifie pour toi aujourd’hui?
R (Jorge) : C’est complexe. Pour moi, c’est comme une passion, être proche de ce que j’aime. Je considère toujours que je suis très chanceux d’avoir mon travail, parce qu’il y aura toujours de bons et de mauvais moments, mais je considère que ce que je fais me passionne énormément, me remplit comme personne.
R (Jorge) : Je ne me réveille pas nécessairement de bonne humeur tous les jours en disant : comme c’est bon d’être ici dans ce travail. Mais je considère que ma vie est pleine avec ce que je fais.
R (Jorge) : À la fin, le sport, ce n’est pas seulement, comme je le disais, doser les charges, ce n’est pas seulement arriver et dire à quelqu’un : va faire deux heures. C’est faire partie d’un processus et faire partie des rêves de chaque jeune.
R (Jorge) : J’ai toujours très clair que les jeunes me font confiance, les parents me font confiance, et je dois être réciproque à ça. Je ne peux pas le prendre comme un jeu, mais avec le professionnalisme que ça demande, parce que je ne peux pas faire perdre le temps à quelqu’un.
R (Jorge) : C’est ce que j’aime du sport. La compétition est tellement belle, faire un effort pour quelque chose et avoir ce mérite d’arriver à la ligne d’arrivée, de gagner un trophée, de gagner une médaille. Je crois que c’est important pour eux et aussi pour nous.
R (Jorge) : Quand un jeune gagne une médaille, j’ai même déjà pleuré d’émotion. Et aussi, quand un jeune n’a pas atteint un de ses objectifs, ça me frustre aussi. Je me dis : qu’est-ce que je fais mal ou qu’est-ce que je peux améliorer pour que nous ayons un meilleur résultat, pour que nous puissions mieux performer. Je ne le vois pas seulement comme : ça s’est mal passé. Je le vois comme tout le processus que nous menons, le nutritionniste, le physiothérapeute, moi comme entraîneur, les parents. Toujours chercher à ce que le résultat soit optimal pour l’athlète, avec cette passion parce que j’adore le sport.
Ce qui s’en vient
Q (Juan) : Parle-nous de ton équipe. Qu’est-ce qui s’en vient? Quels objectifs avez-vous?
R (Jorge) : En ce moment, nous avons plusieurs objectifs parce que ce panorama s’ouvre un peu. En cyclisme, les jeunes vont participer au National de Montagne, à la première étape. Ensuite, il y a un jeune qui ira à la qualification sur route.
R (Jorge) : En triathlon et duathlon, nous allons à Ixtapa-Zihuatanejo, si Dieu nous prête vie. Plus tard, nous avons différentes compétitions. Nous avons le triathlon de Huatulco, nous avons l’étape finale nationale avec CONADE, avec les jeunes en vélo de montagne, et nous avons un autre événement de qualification mondiale à Veracruz en duathlon et triathlon.
R (Jorge) : Nous préparons plusieurs compétitions. Chaque jeune a sa compétition importante, mais comme équipe, en général, nous avons déjà ces compétitions planifiées.
Q (Juan) : Que dirais-tu à quelqu’un qui pense qu’il est déjà trop tard pour commencer dans le sport?
R (Jorge) : Je considère qu’il n’est jamais trop tard pour commencer dans le sport. Je considère que parfois on commence très tôt, et que parfois l’initiation précoce n’est pas si bien centrée. J’ai une athlète master que je considère aussi comme une amie, qui l’année précédente a été double championne nationale et qui, cette année passée, a été vice-championne nationale. Elle est comme ce grand exemple de résultats pour moi.
Q (Juan) : Quel message donnerais-tu aux personnes qui veulent changer leur vie grâce au sport?
R (Jorge) : Qu’elles essaient, qu’elles n’aient pas peur de faire quelque chose de nouveau, que nous apprenons tous quelque chose au moment indiqué et qu’il y a toujours l’occasion de faire quelque chose de nouveau.
Questions rapides pour athlètes, familles et lecteurs
Que montre cet épisode sur l’entraînement des athlètes?
Il montre qu’entraîner, ce n’est pas seulement doser les charges. C’est aussi faire partie du processus de chaque athlète, écouter, accompagner et prendre au sérieux la confiance des sportifs et de leurs familles.
Pourquoi le côté mental compte-t-il dans le sport d’endurance?
Parce que chaque athlète réagit différemment à la compétition. Certains ressentent de la peur, de la pression, des malaises physiques, de la colère ou du silence. L’entraîneur doit connaître chaque personne et adapter les outils.
Le talent suffit-il pour atteindre un haut niveau?
Non. Jorge a été clair : il préfère la discipline au talent. Le talent aide, mais sans discipline, il peut rester court face à la haute performance et aux médailles.
Est-il parfois trop tard pour commencer dans le sport?
Jorge a dit qu’il n’est jamais trop tard. Le sport peut commencer pour la santé, la compétition, l’amitié ou un changement personnel.
Comment vous pouvez soutenir aujourd’hui
Transparence
Oax Sport Inc. est un organisme sans but lucratif 501(c)(3) aux États-Unis (EIN : 86-3407818). Oax Sport A.C. est une association civile enregistrée au Mexique (RFC : OSP230216SG0). Contactez-nous si vous avez besoin d’un reçu ou de documents fiscaux.
Écoutez tous les jeudis
Écoutez Tribu al Extremo sur 106.1 FM tous les jeudis, de 19 h à 20 h, heure de Oaxaca. Vous pouvez aussi suivre la diffusion sur Tribu al Extremo sur Facebook.
Qu’est-ce qui rend un entraîneur vraiment utile dans la croissance d’un athlète?
En savoir plus sur Oax Sport
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
